Un accueil sous surveillance
Après la grave crise qu’a connu le système d’accueil des demandeurs d’asile au début des années 2000, les pouvoirs publics ont créé près de 15 000 places de CADA en quelques années. Cette augmentation de places s’est doublée d’une nouvelle orientation du dispositif : l’ancien système qui laissait le choix aux demandeurs entre une allocation « d’insertion » et une admission dans un CADA est remplacé par un dispositif « d’obligation de résidence ».
La nouvelle procédure d’offre de prise en charge, qui pousse les demandeurs d’asile à entrer en CADA sous peine d’être exclus de toute aide, conduit à une « restructuration » des dispositifs de premier accueil, supprimés ou confiés à l’Agence nationale d’accueil des Etrangers et des Migrations (Anaem).
La réforme a également affecté le fonctionnement et les missions des CADA qui restent, en dépit des consignes officielles, des lieux d'accueil et d'insertion des demandeurs d'asile. Le ministère de l’Immigration souhaite une accélération des procédures d'asile et par voie de conséquence des sorties de « personnes indues » (réfugiés et déboutés)- y compris par des interpellations dans les centres- suscitant l’inquiétude des travailleurs sociaux.
Le dispositif national d'accueil des demandeurs d'asile est à la croisée des chemins : aujourd'hui encore instrument d'insertion des demandeurs d'asile, il risque de devenir, malgré la volonté des acteurs, un dispositif de surveillance et de quarantaine.
Publié par la Cimade
Collection Rapports d'observation
56 pages
ISBN : 978-290-059-5114
ISSN : 1956-5410
prix : 7,00€ (port inclus)
